Heptaedium – How Long Shall I Suffer Here ?

Le metal ne cesse jamais de se métisser à l’aide d’autres genres. L’avènement de projets comme The Algorithm, Pryapisme et surtout Igorrr risque fort d’engendrer une nouvelle scène. Une scène qui va utiliser les possibilités des machines tout en s’inspirant de la musique de jeux-vidéo, le fameux chip tune. Même si parmi les trois « influences » citées Pryapisme est bien le plus chip tune.

On ne pourra pas reprocher à Heptaedium de surfer sur une nouvelle mode, le one man band de Florent Lambert existe depuis 2012 et a déjà publié deux albums et un split (avec Cartoon Theory). Plus rigolo que son nouvel essai ne le laisse présager, Florent aime à définir sa musique comme du « Super Djentendo » ou du « Baguette Core ». L’intro de ce nouvel opus est elle aussi placée sous le signe de l’humour: un dictaciel d’enregistrement…
Pour faire simple Heptaedium c’est un mélange de djent, de chip tune, de breakcore (du Igorrr quoi) et d’un peu de death metal. Uniquement instrumental, How Long Shall I Suffer Here ? ne souffre d’aucune longueur ou d’un manque d’accroche bien souvent indissociable à la musique instrumental. Il faut dire que ce troisième essai est très court (moins de trente neuf minutes) et très in your face. Chaque morceau s’enchaîne sans temps mort d’où l’impression d’une longue pièce découpée en plusieurs parties. Pas de place à la démonstration, le super djentendo se base sur des riffs surpuissants et des mélodies chip tune ou electro mémorables et délirantes. « When I’ll Die… », en ligne depuis quelques temps, est une bonne synthèse du savoir faire de Mr Lambert. Riff bien heavy, mélodie entraînante, accélération death metal surpuissante bien sentie. On dirait presque qu’Heptaedium fait du Pryapisme sans prise de tête. L’arrière plan est loin d’être aussi débilement tiré par les cheveux, Heptaedium est l’expression d’un mal être et l’assume. Le titre est un premier indicateur mais les noms des morceaux ne font que confirmer la joie sous jacente : « If The World Would Stop Spinning I Don’t Think I’d Miss It » (en français : « si la Terre s’arrêtait de tourner je ne pense pas que cela me manquerait »).

Je ne sais pas combien de temps Heptaedium devra souffrir ici bas mais ça ne nous posera pas de problème si cela dure longtemps. Avec un roster plein de perles (Wheelfall, Deficiency, Pryapisme, Hardcore Anal Hydrogen, la liste est longue) Apathia Records montre encore qu’il a le nez fin avec cette signature. Fan de djent, de breakcore, de metal instrumental ou de chip tune, tentez votre chance car il est fort possible que How Long Shall I Suffer Here ? vous plaise.