Mon premier enregistrement – Flavien Morel

Une nouvelle petite interview, dans notre série « Mon premier… ». Il ne s’agit toujours pas de rapport sexuel, désolé pour vous, et encore moins un dimanche soir, jour du saigneur !

Cette fois-ci, en marge de la sortie du premier album de Fractal Universe, Engram of Decline, on s’intéresse donc à l’orfèvre du son de cet opus, Flavien Morel

Avec quelle formation as-tu travaillé la première fois ?

Houlà ! J’ai commencé à bidouiller sur mes propres groupes et projets pour me faire la main, et je pense que le premier groupe pour lequel j’ai fait de l’enregistrement et du mixage en étant rémunéré pour mon travail s’appelait Split. Avant que quelqu’un ne fasse la blague, oui, ils ont splitté depuis.

Te souviens-tu de quoi parlais la toute première chanson que tu as enregistré ?

Honnêtement non ! Tout ce que je peux dire c’est que le résultat était vraisemblablement catastrophique mais heureusement je n’en ai plus la trace !

Quel matériel avais-tu à ta disposition ?

J’ai commencé avec une version crackée de Cubase sx () et une petite carte son 8 entrées qui m’a suivi de nombreuses années, le Firepod de Presonus qui à l’époque était le meilleur matos que je pouvais m’acheter, quelques micros empruntés par-ci par là, et une paire d’enceintes de monitoring pas chères (prodipe pro 5).

Que penses tu de l’évolution du méthodes d’enregistrement sur les dix dernières années (matériel, etc…)

Je ne sais pas si ces dix dernières années il s’est passé tant de choses que ça dans le sens où, il y a dix ans, il était déjà possible de tout faire en numérique avec relativement peu de moyens. Je bosse d’ailleurs plus ou moins de la même façon que quand j’ai commencé, simplement avec du matos plus rapide et performant. Durant cette période on a surtout vu des gens comme les mecs de Periphery qui ont montré qu’avec des moyens dérisoires il est possible d’obtenir un son absolument démentiel. Ce qui fait la vraie différence, c’est la compétence et l’expérience plutôt que le matériel. Dans une certaine mesure bien sûr. Évidemment, si on peut avoir les deux c’est tant mieux !

Que ressens-tu en repensant à cette première expérience et au chemin parcouru depuis?

A l’époque, j’avais l’impression d’être un peu dans l’obscurité dans le sens où je n’avais aucune idée de comment obtenir un résultat donné. Je me basais beaucoup sur des tutoriels trouvés sur le net, mais le problème est que chaque enregistrement, chaque groupe est une expérience différente à laquelle il est difficile d’appliquer une recette donnée. Aujourd’hui, je sais mieux comment faire et obtenir ce que je veux, et j’ai suffisamment d’assurance pour me permettre d’expérimenter certaines choses. Ce que je fais est loin d’être « parfait » mais je sais m’adapter et je ne fais jamais le même son. J’essaie de me plier à la sensibilité et aux demandes de chaque groupe que j’enregistre.

Si celle-ci devait porter le nom d’un film, d’une série (La)Lequel(le) serait-ce pour toi ?

Le grand bazar !

Combien de temps (en moyenne) te prends la production d’un album ?

C’est difficile à dire, j’ai la mauvaise habitude de prendre (un peu trop) mon temps et en 2016 j’étais fréquemment sur plusieurs projets à la fois, ce que je ne recommande évidemment pas mais parfois on n’a pas trop le choix ! Ce qui m’a obligé à étaler certaines productions dues à des contraintes liées aux disponibilités des musiciens sur plusieurs mois.

Quelle est la production dont tu es le plus fier ?

Jusqu’ici je dirais l’album de Fractal Universe car on est toujours le plus fier de son dernier boulot en général, et le premier album de Benighted Soul (NDLR : le groupe dans lequel Flavien tient le poste de clavier), car à l’époque c’était pour moi un sacré challenge et j’en suis toujours content plusieurs années plus tard.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à une jeune formation en matière d’enregistrement ?

Être sûr de bien maîtriser sa musique à fond, et pas juste se contenter de la jouer en répète. Je vois souvent des guitaristes arriver et se rendre comptes de défauts de jeu au moment d’enregistrer la guitare seule, parce qu’ils ne travaillent pas forcément leur riffs seuls à la maison, au métronome, et que ce qui « passe » en répète ne passe pas en enregistrement ! Moins la performance est bonne, et plus l’ingé va devoir passer du temps à corriger les défauts plutôt qu’à faire un son qui déchire. Il ne faut pas se mettre de pression et de stress inutile en arrivant en studio, personne ne te demandera de jouer comme Steve Vai, il faut juste connaître ses morceaux sur le bout des doigts !

Peux-tu nous parler de ton meilleur souvenir d’enregistrement ?

Je pense que c’est après avoir fini le mastering de Start From Scratch en compagnie d’Arnos de DBDC. J’avais l’impression de ne jamais voir le bout de cet album, avoir enfin le produit fini prêt à partir au pressage c’était quelque chose, et le fait qu’il s’agissait du premier album de Benighted Soul était plutôt symbolique, en plus d’être le plus abouti auquel j’avais participé jusque-là.