Deficiency – The Dawn Of Consciousness

Une tournée française avec Heart Attack et Arcania, des premières parties pour Machine Head et Testament, un tour support de Suicidal Angels, des participations sur de magnifiques festivals comme le Motocultor, le Rock Your Brain, Du Metal à la Campagne, un succès critique unanime… dire que The Prodigal Child a placé les lorrains de Deficiency sur le devant de la scène thrash française est un euphémisme. Fort d’un nouveau label, Apathia Records (Wheelfall, Atlantis Chronicles, Pryapisme), les lorrains reviennent avec un troisième album toujours fidèle au son moderne qu’il affectionne.


Et quel magnifique tour de force que ce Dawn Of Consciousness. Il est de bon ton de dire que le thrash vit de très belles années depuis le retour en puissance de monuments tels qu’Exodus, Death Angel ou encore Testament. Comme il l’avait fait sur The Prodigal Child, Deficiency emprunte autant aux légendes qui ont façonné le genre qu’à d’autres groupes plus modernes comme Machine Head ou Darkane. Le résultat est un thrash protéiforme où se mélange death, heavy metal, metalcore. Là où son prédécesseur pouvait s’avérer difficile d’accès par son approche progressive, The Dawn Of Consciousness se montre bien plus efficace.
Chaque musicien tire méchamment son épingle du jeu et se montre très juste dans ce qu’il joue. Nouveau venu, Thomas Das Neves (AkromA, Seyminhol, ex-Heavenly, batterie), est très à l’aise et se montre très créatif dans ses transitions. La monstrueuse production du Dome Studio (T.A.N.K, One-Way Mirror) n’oublie personne et permet de bien profiter de la basse de Vianney Habert (Seyminhol). Cette ligne sur le pont de « Newborn’s Awakening » !


Des titres comme « Newborn’s Awakening » et son pu**** de tapping, « Nausera » et surtout « Post Knowledge Day » et son violon (assuré par Nöelle Gisonna), rappellent les derniers essais de Machine Head. Sans tomber dans le trop plein d’arrangements ou la recherche de l’épique à tout prix comme les américains. « The Upriser » mêle intelligemment deathcore et thrash et sera sûrement le titre le moins apprécié par les plus vieux. « Uncharted Waters » met un peu trop de temps à démarrer et rate le coche sur son pré-refrain, prouvant que le quatuor peut aussi faires des erreurs. Le refrain du morceau fonctionne cependant très bien avec sa guitare bien folle. Vocalement Laurent Gisonna ne s’est pas reposé sur ses lauriers et le refrain imparable de « From A Less To A Greater Perfection » ne peut laisser indifférent pour peu qu’on apprécie les mélodies plus radiophoniques. Son riff principal rappelle Anthrax et son hommage aux zombies avec « Fight ‘Em ‘Til You Can’t ». « Face The World We Experience » n’est pas en reste en terme d’efficacité, tout comme « Post Knowledge Day » ou encore le final « Fearless Hope ». Final toutefois moins épique que ne l’était « The Curse Of Hu’s Hand » mais infiniment plus musclé. Notamment grâce aux choeurs death metal des membres d’Arcania. On ne peut pas toujours laisser des « ho-ho-ho » dans la tête des gens, Sabaton a tué le power metal avec ces conn*****. On se demande tout de même comment le petit frontman va retranscrire tout cela sur scène tout en jouant de la guitare, tant certaines lignes de chant se superposent. Réponse le 1er avril sur scène à St Avold pour leur release party.


Sans se l’imposer Deficiency remplit le cahier des charges du thrash : riffs de tueurs, composition intelligente, instrumental vraiment excellent (« And Now Where Else To Go » qui rappelle Metallica et dont la guitare lead relève du génie), véritable tube, des influences digérées et bien mêlées…
The Dawn Of Consciousness est une véritable perle de thrash alliant passé et présent à la perfection. Bien que les deux formations soient foncièrement différentes, Deficiency a réussi à proposer des titres plus surprenants que ceux du nouveau Heart Attack (The Resilience). La comparaison n’est pas déplacée (lâchez-moi donc ces cailloux), les deux opus sortant le même jour sur le même label. Le fils prodigue du thrash français est là !