Interview – Pryapisme

Des chats et des bits

Entretien réalisé par mail durant les vacances de février 2017

Après dix sept ans d’existence, faisant de lui un parrain de la scène expérimentale française, Pryapisme sort son troisième opus. Là où tous les groupes veulent en faire l’album de la maturité, les clermontois publient Diabolicus Felinae Pandemonium, l’album de l’immaturité. Nouveau manifeste de metal barré aux frontières de la musique classique, du chip tune (musique de jeux-vidéo pour faire simple), du jazz et de la propagande féline.
Pour parler en long en large et en travers de la formation qu’il porte depuis le lycée, c’est encore Aymeric Thomas (batterie, clarinette, programmation) qui reste le mieux placé.


Vous avez réédité Pump The Pectine, votre première démo. Vous vouliez améliorer sa production quelque peu artisanale n’est-ce pas ?
Aymeric Thomas : Oui, pour fêter ses dix ans, plus exactement onze ans en fait, on a voulu ré-arranger et moderniser cette démo. Deux morceaux étaient déjà présents dans notre premier album avec des versions plus travaillées mais on a essayé de trouver encore de nouvelles versions alternatives en changeant complètement les ambiances et les tempos pour les réinventer. Deux autres morceaux n’avaient jamais été sortis proprement. Donc on a refait ces deux titres comme on les avait imaginé au début, assez fidèlement mais avec une technique plus actuelle pour que ça sonne comme on pensait que ça devait sonner à l’époque. Il y a onze ans notre matos était vraiment pourri et les logiciels qu’on utilisait alors feraient honte à n’importe quel mec possédant un home studio en 2017. Le dernier titre est une petite sonate de notre claviériste qui date de la même époque et qu’on avait jamais sortie.


Que pensez-vous avec du recul de Futurologie ?
Cet Ep est vraiment à part dans notre discographie car il s’agit d’un seul morceau long qui développe vraiment un univers bien à lui. À la base, ça devait être juste un titre du nouvel album mais ce dernier aurait été trop long avec vingt trois minutes en plus. Il s’agit du coup d’une sorte de prequel à Diabolicus Felinae Pandemonium. D’une certaine manière, ça nous a permis de gagner du temps pour peaufiner le son de l’album. L’Ep a servi de test pour un certain nombre de trucs techniques comme l’enregistrement de la batterie ou le fait d’enregistrer les deux guitaristes (avant, nous n’en avions qu’un). Personnellement j’aime beaucoup cet Ep mais pour faire cool, je vais plutôt dire qu’avec le recul je trouve que c’est une merde, que le groupe le renie et qu’il ne faut surtout pas l’écouter à part pour changer la litière du chat.


Vous avez proposé une version classique de l’EP, « pour l’exercice de style » selon toi. Avoue que vous vous êtes vraiment fait chier pour un simple exercice ?
Le fait de pouvoir faire une version purement orchestrale en bonus pour rallonger l’Ep a été effectivement un exercice de style mais vraiment marrant à faire. Certes, ça a pris du temps, on ne va pas se mentir. Vu qu’il fallait programmer chaque instrument séparément et essayer de rendre le tout le plus naturel possible. Il a fallu transposer les parties électroniques ou celles vraiment jouées pour des instruments d’orchestre. Du coup forcement, il a fallu rajouter un certain nombre de fioritures pour donner du sens et de la vie à l’ensemble. Et je ne te parle même pas du fait d’automatiser les tempos : on a créé volontairement de légers plantages rythmiques, des ralentissements, des accélérations et des décalages de jeu pour donner du naturel. Bon forcément c’est pas comme un vrai orchestre de soixante-dix musiciens payés avec de la monnaie sonnante et trébuchante, mais on a essayé le plus possible de s’en approcher. Au moins, tout les sons utilisés proviennent de vrais sons d’instruments symphoniques samplés note à note et non pas de synthés virtuels. C’est aussi rigolo que de faire des versions chiptune de nos titres mais effectivement ça reste beaucoup plus long à réaliser.


Vous avez joué lors de l’Euroblast 2016 aux côtés de Trepalium, Destrage et Between The Buried And Me. Comment s’est passée la date ?
Pour être honnête, ce genre de festival est un peu l’usine. On arrive, on gare le camion derrière les cinquante autres camions des autres groupes, on nous file un pass et un mec nous dis : «  votre matos va être stocké dans cette pièce, les chiottes sont ici, la bouffe est là. Pour le frigo de bière, c’est derrière les mecs du groupe de crust s’ils vous en laissent, vous jouez à telle heure, et voila la clef de vos chambres, allez salut ! » Du coup on a racketté des bières aux crusteux, on a mangé des saucisses, on a joué notre set et on est rentré. Le concert en lui même était cool et l’accueil du public était vraiment sympa. Le cadre général reste très impersonnel surtout quand tu débarques et que tu ne connais aucun autre groupe, ce qui était notre cas. On n’a pas du tout eu l’occasion de profiter du festival parce que Clermont-Ferrand c’est pas la porte à côté. On a eu l’occasion de jouer dans d’autres plus gros festivals, avec plus de public, où l’ambiance était plus familiale. Mais l’Euroblast reste notre première date allemande et j’espère pas la dernière.


Vous n’êtes pas habitués à vous produire sur de gros festivals de ce genre. Est-ce que ce concert vous a rendu plus « demandeurs » de ce genre d’événements ?
C’était effectivement le premier festival metal dans lequel on a joué et c’était une belle opportunité pour nous de le faire. On a joué sur des gros festivals plus orientés punk/alternatif et rock/prog, mais metal jusque là jamais. On trouve ça ironique d’une certaine façon puisqu’on a majoritairement été chroniqué, classé, casé sur la scène metal, sans que l’on ne le revendique spécifiquement d’ailleurs. Avoir été invité à l’Euroblast nous a un peu donné le sentiment d’avoir été adoubé.
Évidement on est toujours demandeur de ce genre d’événements. De toute façon, plus on joue, plus on est content. Il faut juste tomber sur des programmateurs qui osent prendre des risques. Pryapisme pourrait aussi bien jouer sur des scènes typiquement metal que des festivals plus electro, jazz moderne ou même plus généraliste. Mais vu que notre musique est un peu au milieu de tout ça, il faut quand même que les orgas soient un peu ouvert.


Vous avez tendance à publier un nouvel opus tous les deux ans depuis Hyperblast. Diriez-vous que le fait de moins jouer live que d’autres formations vous laisse plus de temps pour composer ?
Non ce n’est pas un problème de temps, on sort des disques parce qu’on a des choses à proposer, on ne se force pas. Si un jour on n’a plus rien à dire, on arrêtera le temps que ça revienne. Il me semble qu’il y a pléthore de groupes qui sort un album tout les ans, donc au final j’ai plus l’impression qu’on prend notre temps. On a quand même mis dix ans avant de sortir notre premier album ! Si on joue peu, c’est parce que nous n’avons pas de tourneur, sinon on jouerait beaucoup plus, en tout cas dès que possible. Le fait de pouvoir se produire sur scène quand on est un groupe indépendant dépend soit des demandes qu’on a directement, soit des dates qu’on trouve nous même. Trouver des dates est compliqué quand c’est pas ton métier et c’est clairement pas le notre malheureusement. Le fait qu’on joue peu dépend donc essentiellement de ça, même si il est vrai qu’on est aussi tous occupé avec nos autres formations. Mais on aimerait définitivement jouer le plus possible avec Pryapisme !

Dix sept ans et vous sortez selon vos mots, votre album de « l’immaturité ». A votre avis le groupe grandira-t-il un jour où resterez-vous d’éternels enfants ?
Passée la trentaine, Ban continue de jouer à la Gameboy et matte encore des VHS avec Lorenzo Lamas sur un magnétoscope. Tony se nourrit principalement de poulet frit et s’étouffe de rire quand on lui dit « prout » ou « zizi ». Nicolas regarde tous les films Pixar dès qu’ils sortent et adore les Figolus à l’heure du goûter. Nils n’est jamais le dernier quand il s’agit de faire une bonne vieille bataille de polochon et je dois avouer que j’écoute encore Mötley Crüe de temps en temps en portant un K-way. Non, on ne grandira jamais, c’est peine perdue. Le seul truc qu’on a arrêté, c’est de jouer du djembé autour d’un feu dans la foret mais pour le reste, on est des éternels adolescents.


Diabolicus Felinae Pandemonium raconte t-il réellement l’histoire de cet « Antéchrist » à quatre pattes ou bien est-ce seulement un délire qui vous est venu en trouvant le nom de l’album ?
La base des compositions du disque vient essentiellement d’une idée de pochette : dès le début on savait qu’on allait mettre un fœtus de chat. Julie, notre graphiste, a réalisé la pochette vers la fin de la production en ajoutant l’idée de l’échographie 3D, mais on avait quand même l’image du fœtus en tête. Donc on avait le thème de la naissance du chat dès les premières démos des nouveaux morceaux déjà fin 2013. Le titre de l’album a été décidé très rapidement après (je crois début 2014). Ce qui a forcement déterminé l’esthétique globale du disque et la prédominances des chats maléfiques qu’il y a dedans. L’histoire en elle-même, on l’a dans notre tête mais chacun peut voir ce qu’il veut. Nous n’avons jamais été trop directif pour les auditeurs et nous n’avons jamais trop conceptualisé en profondeur de manière claire. En tout cas, sans rentrer dans les détails, notre histoire sur ce disque n’est pas juste un délire trouvé sur un coin de table, comme le programme politique des candidats à la présidentielle, même si comme eux, on a beaucoup ri en l’écrivant.


En terme d’arrangements, j’ai l’impression que Futurologie a beaucoup influencé la manière dont vous avez composé DFP. Qu’en pensez-vous ?
Comme je te le disais plus haut, Futurologie devait faire partie du disque, les compos datant de la même époque (2013 / 2014 pour la plupart). Il n’y a donc pas eu d’influences réciproques entre Futurologie et DFP. L’un a juste fini par se transformer en prequel de l’autre. La production de l’Ep a par contre influencé l’album vu qu’il y a eu du temps entre les deux. Ça nous a permis de tester de nouvelle méthodes d’enregistrement et de mixage. Et surtout ça a permis de voir qu’on pouvait en rajouter des caisses et des caisses en terme de nombres de couches et d’instruments et si ça resterait « mixable » à la fin. Ce qui n’était pas gagné quand on a commencé le mix de l’Ep et ses deux cent cinquante pistes. Le fait d’avoir travaillé avec Simon Capony de Basalte Studio pour le mix en plus du mastering a été d’un grand secours sur Futurologie et on a retravaillé avec lui en toute confiance pour l’album, d’autant qu’il paye son café quand on va dans son studio.


« Tau Ceti Central » fait référence à l’Hyperion de Dan Simmons et revient à des influences plus jazzy, présentes sur Pump The Pectine. Une conséquence du travail effectué sur la réédition de votre première démo ?
Le coté jazzy de « Tau Ceti Central » ne vient pas du tout de Repump The Pectine. Ce morceau a été écrit bien avant de retravailler sur nos vieilles démos. C’est plutôt l’inverse. Pour la petite histoire, le solo de sax sur le premier morceau de Repump ( « Les Formes Syncopales… ») vient d’une chute de solo qu’Adrien avait enregistré pour « La Boétie Stochastic Process » sur DFP. J’ai pris des bouts de solo, changé quelques notes pour les pitcher dans la bonne tonalité et voilà. Ça casse peut être un peu le mythe mais pourtant c’est vrai. Donc c’est plus DFP qui a influencé les arrangements de Repump que le contraire. Quand on a sorti cet Ep en octobre 2016, DFP était déjà dans la boîte depuis un moment, il fallait juste finir deux, trois bricoles de mix et surtout le mastering.
Je suis content en tout cas que la référence à Dan Simmons soit passée. Je lisais le bouquin lors de la composition de ce titre et je voulais raconter une histoire qui se situerait dans cet univers, avec les portails distrans qui correspondaient aux transitions des différentes parties du morceaux. Je voyais d’ailleurs l’intro du titre comme l’illustration sonore d’un passage distrans par le fleuve Thétis d’une planète sauvage vers la capitale Tau Ceti Central. J’imaginais aussi un Gritche félin avec des piquants à la place des poils !


Dans son ensemble j’ai l’impression que ce nouvel album est une synthèse de tout ce que vous avez fait précédemment. Qu’en pensez-vous ?
Pour nous ce n’est pas vraiment une synthèse mais plus une évolution. On est resté à trois membres pendant longtemps et le fait d’avoir recruté deux nouveaux musiciens pour le live en 2013 a fait beaucoup progresser le groupe. Les nouveaux étaient juste censés apprendre leurs parties pour les concerts et fermer leurs gueules, un peu en mode Trent Reznor tu vois ? (ndC: je vois très bien oui…) Et bon au final, on s’est fait pigeonner comme des bleus. Maintenant on ne peut plus se passer d’eux. Du coup ce nouvel album est plus une continuité de notre musique mais avec deux personnes en plus et leurs influences respectives. A part ça, effectivement ça reste du Pryapisme. Avec le coté froid et violent d’Hyperblast, l’aspect plus organique de Rococo et le coté too much du nombres de pistes avec les influences orchestrales et orientales de Futurologie.


Nicolas a déjà dit que si un passage appelait à jouer du reggae vous n’hésiteriez pas à en jouer. DFP contient beaucoup de passages reggae, d’où est venue cette influence ?
Le reggae est pourtant un des seuls styles de musique que Nico et moi n’arrivons pas a supporter plus de vingt secondes. Mais c’est quand même intéressant d’utiliser ses codes dans nos compos. La cocotte de guitare sur les contre-temps typique du reggae est un truc qui m’énerve systématiquement quand j’en écoute, et j’ai voulu utiliser ça dans le titre “La Boétie…” en remplaçant la guitare par un son de femme qui jouerait en contre temps. On aime des fois pouvoir utiliser des codes sonores immédiatement identifiables pour les détourner ou les pasticher : le contre-temps reggae en est un et il est dans ce morceau transfiguré par une utilisation différente. Après on a toujours mis ici et là un petit bout de reggae dans nos titres. Déjà sur Rococo Holocaust, il y en avait. Mais l’utilisation de ce genre de mini-interlude est pour nous plus humoristique en générale.


Dans son ensemble le nouvel album m’a semblé un peu plus groovy que les autres. Avez-vous changé votre approche rythmique ou bien est-ce un effet non prémédité ?
Je pense qu’il y a à la fois un coté non-prémédité à ça et également une volonté claire de rendre la musique plus dansante sur certaines parties. C’est le live qui nous a amené ça en fait. Quand on a commencé à jouer les morceaux d’Hyperblast en live, il a fallu les modifier par rapport au disque et certaines parties marchaient mieux quand on les rallongeait pour que le public puisse danser un peu, ou que nous puissions poser un solo dessus par exemple. Du coup, dans l’approche de la composition de DFP, on a tenu compte de ça. On voulait écrire des titres qu’on pourrait jouer sur scène en sachant qu’on pourrait bouger un peu la tête sur quelques endroits. Même s’il y a toujours beaucoup de cassures rythmiques, il y a aussi des parties qui prennent plus leur temps à se développer. Et cet aspect est venu aussi naturellement pour poser l’histoire qu’on voulait raconter. Il y a aussi encore une fois l’ajout des deux nouveaux zicos qui ont amenés un énorme groove dans la basse et les guitares. Avant, celles-ci étaient plus orientées vers la puissance brut, et maintenant il y a davantage de rythmes et de groove grâce à Nils. Pour la batterie c’est pareil, j’écrivais mes parties de batterie sans tenir compte d’une basse, vu qu’il n’y en avait pas, à part quelques synthés. Depuis l’arrivée du nouveau bassiste, on essaye d’écrire des vraies sections rythmiques basse/batterie qui fonctionnent en duo. Ce qui ajoute forcément aussi plus de groove et un aspect moins froid à l’ensemble.


Avouez que vous soutenez la cause féline depuis des années car vous savez qu’ils vont dominer le monde d’ici très peu de temps ?
Ils dominent déjà le monde mais la plupart des gens ne s’en rendent pas encore compte. Ils font comme Ken le Survivant en fait : ils nous « patounent » la gueule et nous tricotent le bide très vite avec leurs papattes. Ils ne font pas “ratatatatatatata” mais “miamiamiamiamiamiaou”, et après on va exploser dans une énorme gerbe de sang et de boyaux. On est mort mais on ne le sait pas encore.


On cherche à comprendre ce qui vous amène à jouer cette musique, on vous a notamment déjà demandé si vous écriviez sous psychotrope. Finalement j’ai l’impression que le secret de Pryapisme est que vous jouez ce qui vous plaît sans vous posez de question. Y-a-t-il un message caché chez vous ou non ?
On nous demande souvent effectivement si on prend des drogues en écrivant ! Désolé de casser le mythe encore une fois mais non. On se prend bien quelques bonnes cuites comme n’importe quel groupe de heavy metal digne de ce nom mais il me semble qu’on est plutôt sage, comme si on avait compris que volter au Jack Daniels tout les soirs n’était pas forcément la meilleure idée qui soit sur le long terme. D’ailleurs on se lève tôt, on se balade dans les bois, et on boit beaucoup de tisane. En fait on doit être presque un peu chiant et sûrement pas si « evil » que ça. Et oui effectivement le secret c’est qu’on ne se prend pas trop la tête, on fait la musique qui nous plaît, celle qu’on voudrait écouter tout simplement si on achetait un disque au hasard. Pour les messages cachés, il y en a de part certaines références ici et là mais notre musique peut s’apprécier sans comprendre vraiment le sens qu’on y a mis. On n’est pas un groupe de musée d’art contemporain qui nécessite un écriteau de vingt lignes à coté pour piger ce qu’on a voulu dire. Chacun est libre de trouver son propre sens. On a trouvé le notre en écrivant la musique mais on ne souhaite pas forcément que notre propre vision soit transmise pour ne pas parasiter l’écoute et l’imagination de l’auditeur.


J’ai fait écouter votre musique à des fans d’electro et ils ont vraiment apprécié. Est-ce que vous pensez qu’une partie de votre public vient de cette scène ?
Il me semble qu’il y a des gens qui apprécie notre coté électronique et j’ai envie de dire tant mieux finalement. Mais cela dit, je ne crois plus vraiment aux scènes uniques. La plupart des gens écoute de tout, il y a des ponts de style partout maintenant, même dans la pop la plus commerciale. Il y avait une seule personne dans mon cercle d’ami qui disait n’écouter QUE du black metal, et j’y ai cru pendant plus de quinze ans. J’ai fait une soirée karaoké sur console pour le nouvel an et elle connaissait par cœur des titres de hip-hop, des morceaux ultra mainstream qu’aucun trentenaire autour de la table n’avait jamais entendu… et avec la chorégraphie ! [Si elle nous lit, j’ai des vidéos] Quasiment plus personne n’écoute qu’un seul style ou alors beaucoup mentent et ont un dossier caché bourré de mp3’s de Britney Spears qu’ils planquent encore mieux que leurs répertoires de films pornos. Bref, forcément, on doit plaire à certains fans d’éléctro car en fait beaucoup d’entre eux écoutent aussi du rock voir du metal. D’ailleurs personnellement, j’écoute plus de musique électronique en général que de metal à proprement parler.


Comment choisissez-vous les titres des morceaux ?
C’est au feeling. Soit on part d’un titre à la base et le morceau s’écrit en fonction, soit on fait une démo et on trouve le titre après. Des fois on a un titre de travail et on le garde au final. Il n’y a pas vraiment de règle. Un titre a même été choisi dans le camion pendant un retour de concert.


Vous avez publié un clip pour « Carambolage Fillette Contre Individu Dragon Non-Décortiqué » en mode jeux-rétro. L’association de votre musique et de cette imagerie tombe sous le sens, comment s’est passée la production de ce premier clip en 2D ?
Nos autres clips ont été fait par Jehan d’Apathia Records (ndlr: le boss du label). Et il a fait un super boulot. Pendant longtemps on s’est dit qu’on ne savait pas faire et qu’il fallait déléguer cet aspect visuel à des gens compétents. Et j’ai eu envie finalement de mettre les mains dans le cambouis et d’essayer. Du coup j’ai appris à faire fonctionner quelques logiciels un peu à l’arrache en quelques mois, j’ai emprunté une caméra à ma grand mère et on a tourné notre premier clip. Le budget total au final s’élève à quarante euros pour un fond bleu premier prix et des dizaines d’heures de boulot pour éditer les visuels en pixel-art bloc par bloc. Je suis sûr qu’il y avait moyen de faire ça plus rapidement mais j’ai tout fait avec un freeware ultra simple donc ça a pris un temps fou. L’association de la musique avec une imagerie de jeu vidéo retro vient surtout du choix du morceau qui débute par une partie chiptune. C’était le plus évident à faire dans ce cas là, et puis c’est quand même vachement rigolo. Après il a fallu convaincre la grand-mère de participer, mais elle est cool donc elle a acceptée avec plaisir. C’est vraiment un premier clip fait par nous même en DIY, donc forcément c’est pas ultrapro mais au moins on s’est fait plaisir.


Si Pryapisme était un jeux-vidéo ?
Ça serait sûrement un long RPG qui mélangerai Shoot them-up avec des phases d’exploration en 3D isométrique, puis des séquences de baston en 2D entrecoupées de partie de plateforme, le tout avec des menues de gestions bien relou, des grosses cinématiques épiques avec motion-capture et des boss en mode casse-briques. Le personnage principal serait un chat qui chercherait la croquette ultime par delà les plans infernaux pour pouvoir contrôler le monde et le libérer des griffes de l’ignoble nazi-zombie-néolibéral. (ndC: je le savais !)


Quel est le dernier jeux-vidéo qui t’a marqué ?
C’est The Last Guardian forcément car c’est l’histoire d’un garçon qui doit apprivoiser une sorte d’immense chat à plumes trop sympa et super puissant. Il y a un bouton pour le caresser donc autant te dire que je passe mon temps à appuyer dessus en disant “ohhhh, t’es trop mignon” et lui filant à bouffer. C’est certainement un peu con comme quand il y avait les Tamagotchies, mais le design et l’expressivité de la bête est vraiment incroyable et on ne peut que craquer. Depuis que j’y joue, j’appelle même un de mes chats comme le nom de la bestiole du jeu.


Les derniers mots sont pour vous.
Merci à toi et aux lecteurs ! Longue vie aux petits chats, aux gros chiens, aux lapins et aux vers tubulaires.

Line-up:
Aymeric Thomas (batterie, clarinette, programmation)
Anthony Miranda (basse, percussions, saxophone)
Benjamin Bardiaux (claviers)
Nils Cheville (guitare)
Nicolas Sénac (guitare)
Discographie:
Pump The Pectine (Démo-2005)
Rococo Holocaust (2010)
Hyperblast Super Collider (2013)
Blastbit Rococollider (Cassette Version 8-bit-2014)
Futurologie (EP-2015)
Repump The Pectine (Réédition-2016)
Diabolicus Felinae Pandemonium (2017)